Chroniques

Fifty Shades Of Grey

Bic, le roi du jetable, a inventé le stylo réservé aux femmes. Corps coloré pastel, plus fin pour une meilleure prise en main des femmes, écriture douce, séchage rapide, c’est le cristal pour elle, exclusivement pour elle, mais qu’ils sont cons, mais où va-t-on ? J’ai voulu l’essayer pour écrire ma chronique mais l’angoisse que m’étreignent des envies subites de yaourt 0% et de dire du mal de mes collègues tout en m’attachant les cheveux avec un crayon papier m’y a fait renoncer… Non, mais c’est n’importe quoi !!! Et puis quoi encore, m’exaspérais-je avec tourment sur mon clavier qui m’est exclusivement réservé tant les touches suintent le gras de mes frappes nocturnes et de mes chips insomniaques…

Oui, et puis quoi encore ? Ben, je vais vous le dire !!! Mesdames, et essentiellement mesdames, dès le 17 octobre, dans une semaine exactement, dans toutes les librairies de France si vous en trouvez encore, vous pourrez vous procurer le premier livre porno pour femmes !!! Alors là, c’est le pompon !!! Outre Manche et Atlantique, c’est déjà 44 millions d’exemplaires vendus. Ce phénomène que l’on surnomme la-bas le « mummy porn », « le porno pour maman » serait même à l’origine d’un baby-boom, mais où va-t-on papa, je ne sais pas mais on y va !!!

Fifty shades of Grey, en français : 50 nuances de Grey, est une trilogie qui se lâche sur des loches qui se lèchent et pas que, composée par E.L James une britan-nique et pas que non plus. On le sait, les trilogies fascinent, rappelons-nous de la trilogie de Pagnol, la trilogie de Tolkien, la trilogie de Millenium, la très jolie Angelina… mais ce n’est pas tant cela qui fait force de vente ! Enfin une femme écrit pour le plaisir des femmes mais essayons d’en comprendre le succès.

L’héroïne (et je profite de l’occasion pour avoir une pensée émue pour Jean-Luc Delarue), Anastacia Steele, étudiante complexée de 21 ans, l’hymen encore hospitalier, rencontre l’énigmatique Christian Grey, milliardaire, beau gosse, et libidineux. Anastacia, quand elle le voit, a des papillons dans le ventre, lui, quand il la voit, a des fourmis dans la bite : vous me direz, jusque là, la routine… Mais Ana, est une femme moderne. Elle ne pleure pas, elle tient à son indépendance et consent complètement d’être dominée. Et s’en suit des pages aussi chaudes qu’un vendredi soir à Echirolles, où Anna découvrira, le sexe, l’amour, la fragilité et la domination. Ce qui fait la différence, c’est qu’ici il ne s’agit pas de sado-masochisme, mais de bondage. Pour le profane, sachez que le bondage est au sado-masochisme ce que le Hollandisme est au Sarkozysme : une manière plus molle de se faire mettre, plus consentie, moins aboutie. Un version sans alcool que j’ai envie d’appeler le soda-masochisme. Et les lectrices semblent y trouver leur compte et y identifier leurs fantasmes.

Mais le plus simple pour juger est que je vous en lise un bout, cela m’est toujours très agréable. Mais je ne le ferai pas sans musique. Car oui dans une société où, après le sexe, seul compte le plaisir d’avoir de l’argent, nos amis anglais à but lucratif ont cru bon éditer, et c’est à ma connaissance une première mondiale, la la bande originale du Livre. La BOL du livre de boule… On commence à toucher le fond, les gars… Alors pour un livre de cul pour papa, on imagine assez bien ce que serait la BOL, ça ferait un truc comme ça : (MUSIQUE 1) oui, Messieurs, on a tous entendu cette musique un soir de solitude, sur des images à notre rendre plus sourd. Oui, mais la musique d’un livre porno de femme, c’est quoi pour eux?

Ben, écoutez, c’est assez surprenant  :

 

MUSIQUE2 (intro) (présentation)Oui, c‘est pur, virginal, enivrant, c’est voluptueux, délicat et sensuel, et incontestablement super pénible à la longue. Voici donc un extrait du premier livre érotique pour maman. Mais n’ayant pas encore la version française, c’est en anglais que je vais vous le faire. Pas de panique, ça reste très accessible, surtout avec mon accent aussi pourri qu’un flic de la BAC marseillaise…

 

(lecture) “You’re so deliciously wet. God, I want you.” He thrusts his finger inside me, and I cry out as he does it again and again. He palms my clitoris, and I cry out once more. He pushes inside me harder and harder still. I groan.

(présentation)alors,groan, ça veut dire gémir, gémissement, on retrouve cette racine dans grogner en français, même si empiriquement, je sais que c’est plus facile de faire grogner une femme que de la faire gémir, mais revenons à la lecture :

(lecture)“I’m going to fuck you now, Miss Steele,” he murmurs as he positions the head of his erection at the entrance of my sex. “Hard,” he whispers, and he slams into me…

He slams into me…Pas la peine de traduire et de tout lire :tout cela semble bien propre, très convenu, du dilué à la David Hamilton qui prendrait ses photos au stylo Bic pour elle, et surtout attention ! plus que les moiteurs de stupre ça sent le business à plein nez. Il est prévu que des sex-toys, des fouets, des menottes mais aussi des bijoux et des vêtements portent la marque de fifty shades of grey. Je rappelle que tout cela ne nous intéresse pas, nous les papas, c’est que pour les mamans. Jamais, nous, les papas, on aura l’idée de porter des T-Shirt avec floqué dessus le titre d’un film porno « Kiki roux et la léchante sorcière »

Kiki roux n’est pas grand, mais il est vaillant…

Jamais !

Vous voilà ainsi prévenue, je pense que vous méritez mieux.

Mais l’important c’est de ne pas oublier cette célèbre maxime : « Comme on fait son livre, on se touche »

 

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